Lorsque j'anime des formations basées sur l'improvisation théâtrale, j'ai l'habitude d'ouvrir la séance par cette règle du jeu : "laissez vos cerveaux à l'entrée" pour leur dire "ne réfléchissez pas en improvisation". Mais régulièrement les stagiaires, futés, me rétorquent lorsque je donne la consigne d'un exercice qui demande un peu de concentration "mais je croyais qu'il ne fallait pas réfléchir !" et ils n'ont pas tort ...
Je travaillais la semaine dernière avec une chorégraphe qui nous disait "ne mettez pas de psychologie dans vos mouvements mais donnez leur du sens". C'est exactement la différence que je fais entre réflechir et penser à ce qu'on fait.
Je prends un exemple : cette chorégraphe nous a demandé dans le cadre d'un exercice de marcher dans la salle en suivant un trajet simple en le répétant plusieurs fois. Ceux qui avaient une formation de danseur avaient tendance à chorégraphier leurs pas et leurs trajectoires tandis que ceux qui étaient plutôt de formation théâtrale avaient tendance à jouer la démarche d'un personnage. Mais ce qui manquait pour tout le monde c'était juste l'acte de se déplacer, c'est-à-dire la volonté lisible d'aller de tel point vers tel autre.
Je prends un exemple : cette chorégraphe nous a demandé dans le cadre d'un exercice de marcher dans la salle en suivant un trajet simple en le répétant plusieurs fois. Ceux qui avaient une formation de danseur avaient tendance à chorégraphier leurs pas et leurs trajectoires tandis que ceux qui étaient plutôt de formation théâtrale avaient tendance à jouer la démarche d'un personnage. Mais ce qui manquait pour tout le monde c'était juste l'acte de se déplacer, c'est-à-dire la volonté lisible d'aller de tel point vers tel autre.
Trop réfléchir à la consigne peut ainsi mener à plusieurs résultats :
- dans notre exemple précédent, ça peut rendre les choses complexes, donc moins lisibles. En revanche, penser à ce que l'on fait, c'est dans ce même exemple ne se concentrer que sur le fait que l'on veuille aller de tel endroit à tel autre, sans psychologiser ou enjoliver ce déplacement
- pour les stagiaires en entreprise trop réfléchir est un frein puissant à l'action, un inhibiteur à la créativité et au plaisir. Quand je demande à mes stagiaires de marcher dans la salle en équilibrant l'espace (oui, chez les artistes, on marche beaucoup) ce qui est lisible immédiatement chez chacun c'est "mais pour quoi faire ? est-ce que je fais bien ce qu'elle m'a demandé ? je dois avoir l'air ridicule" ... Alors que penser à ce que l'on fait devrait amener à voir où sont les espaces vides, où sont les autres et donc où je dois aller.
Grâce à cette chorégraphe, ce que je dirai désormais à mes stagiaires c'est : "ne réfléchissez pas à ce que vous faîtes mais pensez à ce que vous faîtes". Je pourrais varier en disant : "laissez votre cerveau gauche à l'entrée". Je vous laisse méditer sur la question ...
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