lundi 19 janvier 2009

Petite réflexion sur les relations

72% des français sont intéressés par des conversations sur des sujets de fond‏
Une étude réalisée par Opinion Way pour les Conversations Essentielles, partenaires de l'exposition 6 milliards d'autres.
http://www.conversationsessentielles.org/

Une étude a été réalisée par Opinion Way pour les Conversations Essentielles les 7 et 8 janvier 2009 auprès d'un échantillon de 1092 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d'âge, de catégorie socioprofessionnelle et de région de résidence.
Ci-dessous des extraits de l'analyse de Mathieu DOIRET, Directeur d'études à OpinionWay :

28% des Français se sentent souvent ou très souvent seuls. On relève que les femmes avouent plus volontiers se sentir seules (33%), de même que les ouvriers et les employés (35%). La principale insatisfaction que les Français expriment à l'égard des relations interpersonnelles porte sur l'authenticité et la profondeur des échanges : 42% des Français se disent que les conversations auxquelles ils prennent part n'abordent pas toujours les sujets essentiels et 89% estiment que, dans notre société, les stéréotypes et le conformisme font que beaucoup de gens n'osent pas dire ce qu'ils pensent ou être eux-mêmes par peur d'être jugés.

La définition que les Français donnent de l'authenticité dans les relations tourne autour de deux notions fondamentales : la disponibilité et le fait de formuler ses critiques de façon directe, de dire en face ce que l'on pense de l'autre. 34% des Français ont souvent l'impression de ne pas suffisamment voir le sens de la vie qu'ils mènent ou des tâches qu'ils ont à accomplir. On peut rapprocher ce résultat du fait que 34% des salariés n'estiment pas claires les objectifs de leur entreprise et qu'un sur deux n'estiment pas clairs les critères sur lesquels les salariés sont jugés.

Le manque de motivation par le management (pas suffisamment porteur de sens) semble être une clef de compréhension importante du point de vue des salariés. 54% des salariés estiment que leur manager ne sait pas les motiver et cela semble pouvoir être dû à un manque d'exemplarité de sa part (54% estiment également qu'il ne montre pas l'exemple). Cette quête du sens semble également se traduire par un fort désir d'échanges et d'expression personnelle. On mesure en effet une forte envie des Français de connaître le point de vue d'autres personnes sur les sujets qui leur tiennent à cœur (83%) et le besoin de partager certaines idées pour mieux s'épanouir (76%).

Il apparaît ainsi que 50% des individus interrogés au sein des CSP populaires déclarent se poser des questions profondes sur le sens de la vie mais ne pas oser en parler, 33% ne trouvant même personne à qui parler d'un sujet qui leur tient à cœur. 72% des Français se déclarent donc intéressés par des réunions où des intervenants qui ont une expérience particulière, dans les domaines intellectuel, artistique, scientifique, économique ou politique, alimentent des conversations sur des sujets de fond.

La compétition au sein d'un collectif de travail n'est en revanche perçue comme une bonne chose que par 20% des salariés, lesquels y voient notamment un moyen de se remettre plus souvent en question (88%, 41% « certainement »). Les salariés hostiles à la compétition au sein de l'équipe y voient d'abord un ferment de jalousie et de mésentente (99%) et une incitation à ne pas s'entraider (99%). La manière dont les salariés des entreprises perçoivent la qualité des relations avec les clients met en avant des valeurs qui apparaissent par ailleurs comme des indicateurs clefs d'une relation authentique : la disponibilité (51%) et la confiance (39%).
Et vous, qu'est-ce que ça vous inspire ? Je vous laisse méditer sur la question ...

samedi 3 janvier 2009

De l'audace et du sens !


Et pour que l'audace ait aussi du sens, je vous recommande de participer à ce projet aussi ambitieux que beau : http://www.6milliardsdautres.org/
Il s'agit du dernier projet de Yann Arthus Bertrand qui sera visible au Grand Palais à partir du 10 janvier. Il a recueilli et recueille toujours des témoignages vidéos de gens, sur toute la planète, sur des sujets aussi universels et essentiels que la liberté, l'argent, l'amour ou la transmission. Quelles significations ces notions ont-elles pour un Papou, un ex-taulard d'Amérique du Sud et un Français ? Les réponses vidéos sont très courtes, percutantes ; allez les découvrir sur le site.
Pour que ce projet vive, ils sont à la recherche de bénévoles et de mécènes. Peut-être nous y croiserons-nous ?

lundi 17 novembre 2008

La séquence du Spect'acteur, le retour !

Pour voir la vidéo, cliquez sur le lien suivant :

http://fr.youtube.com/watch?v=LtdxXrQ_y9E

Un nouvel exemple de cette prestation inspirée du théâtre-forum, réalisée en octobre 2008.

Ici, il s'agissait pour des assistantes d'un groupe international dans le secteur de la santé d'organiser un déplacement professionnel pour un nouveau manager, pressé, pas du tout sensibilisé aux procédures de sa nouvelle entreprise et aux besoins des assistantes.

Avec la complicité de Jean-François Wendling dans le rôle de l'affreux manager.

dimanche 9 novembre 2008

Petite réflexion pour les cerveaux

Lorsque j'anime des formations basées sur l'improvisation théâtrale, j'ai l'habitude d'ouvrir la séance par cette règle du jeu : "laissez vos cerveaux à l'entrée" pour leur dire "ne réfléchissez pas en improvisation". Mais régulièrement les stagiaires, futés, me rétorquent lorsque je donne la consigne d'un exercice qui demande un peu de concentration "mais je croyais qu'il ne fallait pas réfléchir !" et ils n'ont pas tort ...

Je travaillais la semaine dernière avec une chorégraphe qui nous disait "ne mettez pas de psychologie dans vos mouvements mais donnez leur du sens". C'est exactement la différence que je fais entre réflechir et penser à ce qu'on fait.

Je prends un exemple : cette chorégraphe nous a demandé dans le cadre d'un exercice de marcher dans la salle en suivant un trajet simple en le répétant plusieurs fois. Ceux qui avaient une formation de danseur avaient tendance à chorégraphier leurs pas et leurs trajectoires tandis que ceux qui étaient plutôt de formation théâtrale avaient tendance à jouer la démarche d'un personnage. Mais ce qui manquait pour tout le monde c'était juste l'acte de se déplacer, c'est-à-dire la volonté lisible d'aller de tel point vers tel autre.

Trop réfléchir à la consigne peut ainsi mener à plusieurs résultats :
  • dans notre exemple précédent, ça peut rendre les choses complexes, donc moins lisibles. En revanche, penser à ce que l'on fait, c'est dans ce même exemple ne se concentrer que sur le fait que l'on veuille aller de tel endroit à tel autre, sans psychologiser ou enjoliver ce déplacement
  • pour les stagiaires en entreprise trop réfléchir est un frein puissant à l'action, un inhibiteur à la créativité et au plaisir. Quand je demande à mes stagiaires de marcher dans la salle en équilibrant l'espace (oui, chez les artistes, on marche beaucoup) ce qui est lisible immédiatement chez chacun c'est "mais pour quoi faire ? est-ce que je fais bien ce qu'elle m'a demandé ? je dois avoir l'air ridicule" ... Alors que penser à ce que l'on fait devrait amener à voir où sont les espaces vides, où sont les autres et donc où je dois aller.
Grâce à cette chorégraphe, ce que je dirai désormais à mes stagiaires c'est : "ne réfléchissez pas à ce que vous faîtes mais pensez à ce que vous faîtes". Je pourrais varier en disant : "laissez votre cerveau gauche à l'entrée". Je vous laisse méditer sur la question ...

vendredi 27 juin 2008

La séquence du Spect'acteur

Pour voir cette vidéo en haute qualité cliquez sur le lien suivant
http://fr.youtube.com/watch?v=hG2Kb9WU5xQ
et cliquez sur "regarder cette vidéo en haute qualité".

La séquence du Spect'acteur

Cette vidéo retrace les moments clés d'une prestation réalisée le 24 juin dernier pour un club de responsables comptabilité et paie. Il s'agissait de les sensibiliser sur l'importance de la communication inter-personnelle dans leur domaine d'expertise très technique.

La séquence du Spect'acteur est une prestation inspirée du théâtre-forum. Il s'agit, à partir de saynètes professionnelles, de faire analyser les faits et les causes d'une situation de blocage par les spectateurs. Ils deviennent ensuite acteurs de leurs propositions de déblocage en venant les jouer avec les comédiens professionnels.

L'intérêt de cette prestation est, d'une part, de voir immédiatement la pertinence et les conséquences de ses propositions et d'autre part de constater qu'entre ce que l'on pense et ce que l'on fait, il y a un écart ! ... car les choses se passent rarement exactement comme on l'avait prévu et souhaité.

Nos comédiens professionnels ont travaillé en amont sur les comportements qu'ils attendent des participants : soit les solutions et les comportements proposés par les Spect'acteurs débloquent la situation, soit le blocage persiste ! C'est pour cela que les comédiens d'arc-en-scène qui interviennent sur cette prestation sont non seulement des improvisateurs chevronnés mais surtout des pédagogues au service des participants. L'objectif n'est pas de "bien jouer" mais de bien faire progresser les Spect'acteurs.

lundi 7 avril 2008

Petite réflexion pour les pieds

Je travaillais ce week-end avec un metteur en scène qui nous disait "les pieds sont l'intelligence du comédien". Ca m'a rappelé le conseil que donnait un psychiatre : "Pensez avec vos pieds" et encore celui d'une consultante en développement personnel : "Soyez dans vos pieds". Qu'est-ce qu'ils ont tous avec nos pieds ? Seraient-ils donc moins bêtes qu'on le dit ?

Il m'a fallu renverser le sens habituel de ma compréhension des choses. J'ai plutôt l'habitude, comme beaucoup, d'attendre que "ça monte au cerveau". Là, il m'a fallu plus de temps pour que ça redescende jusqu'aux orteils. Mais ce fut une évidence. J'animais une formation pour des managers basée sur l'improvisation théâtrale. Et le premier débriefing qui m'est venu en les observant a été : "J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que vous êtes très intelligents. La mauvaise, c'est que vous êtes trop intelligents."

Le contraste entre leur agilité intellectuelle et la statique de leur posture physique m'a frappé. C'est comme si leur cerveau était présent mais pas leur corps ; ou, pire, que leur corps dégageait l'inverse de ce qu'ils disaient (incongruence). Or, il y a cette fameuse règle des 7-38-55 : 55% de notre communication passent par le non verbal ; 38% passent par la voix (le ton, le son) et 7% de notre communication seulement passent par le contenu de ce que l'on dit ! Cela signifie que nous sommes sur-entraînés à produire un contenu intelligent, alors qu'il n'agit que sur 7% de notre impact en communication ! Quel paradoxe !

Au-delà des chiffres, ce qu'il faut retenir, c'est que nous sommes d'abord vus, puis entendus et enfin compris (avec un peu de chance).

Lorsque nous intervenons en entreprise avec des artistes, c'est pour vous aider à transposer dans votre quotidien professionnel cet aspect là, ces 93% d'irrationnel dans la communication. Vous êtes un collaborateur intelligent, efficace et compétent. Nous vous recommandons maintenant de donner un corps à votre présence.

Cela commence par le ressenti, la perception, la disponibilité aux sensations. Faîtes le test : mettez-vous en équilibre sur un pied. Sur quoi serez-vous le plus concentré ? A garder votre nombril en équilibre ou à ce qui vous environne ? Je vous laisse méditer sur la question ...